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Passions

La légende de Broadway

Si l’on parle de New York comme d’une ville qui ne dort jamais, alors que dire de Broadway, temple de la fête permanente et de l’entertainment à l’américaine ? Plongée dans l’histoire d’un quartier unique au monde…

Broadway est tout d’abord l’avenue de tous les superlatifs : à la fois la plus longue, la plus vieille et la plus visitée des artères de Manhattan, elle est aussi l’unique voie traversant en diagonale le quadrillage rigoureux de l’île. Mais Broadway, c’est avant tout un quartier circonscrit entre la 54e et la 40e rue au nord et au sud et entre la 6e et la 8e avenue à l’est et à l’ouest, avec Times Square pour figure de proue. C’est ce Broadway, que tout le monde connaît comme la capitale mondiale de la comédie musicale et du spectacle de manière générale. Un mythe comme l’Amérique les aime tant, avec ses grands pionniers, ses hauts et ses bas, ses ascensions fulgurantes et ses trous d’air douloureux.

 

Petite piste deviendra grande

Avant que les premiers entrepreneurs de spectacle ne se penchent sur son sort, Broadway n’avait pas grand-chose de remarquable… Ancienne piste indienne, elle était encore presque une route de campagne dans les années 1820. Il faudra attendre plus d’un demi-siècle pour que l’avenue rencontre son homme providentiel, « en la personne d’un certain Oscar Hammerstein, entrepreneur passionné de spectacles et en particulier d’opéras, précise Patrick Niedo, historien spécialiste de la comédie musicale et auteur de Hello, Broadway ! C’est lui qui, après avoir fait construire l’opéra de Harlem, eut l’idée d’ériger un théâtre à Longacre Square (l’actuel Times Square), en 1895, qu’il baptisa Olympia ».

À sa suite, plusieurs salles de spectacles vont s’installer dans les parages et, quelques années plus tard, l’ouverture de la station de métro 42nd Street accélérera le mouvement. « En 1927, la première comédie musicale moderne voit le jour, poursuit Patrick Niedo. Elle s’intitule Show Boat et elle est cosignée par un certain… Oscar Hammerstein II, petit-fils du précédent. Mais le véritable âge d’or du quartier commence en pleine Seconde Guerre mondiale avec la création d’Oklahoma, qui aura un énorme impact sur le public américain. »

S’ensuivront deux décennies de folie avec des shows incomparables comme My Fair Lady, West Side Story, Hello, Dolly ! ou encore Un violon sur le toit.

 

Crise et résurrection

L’âge d’or prend fin vers 1964 et, dans les années 1970, Broadway plongera en eaux troubles, manquant de sombrer sous le poids du trafic de drogue, de la prostitution et des salles de cinéma pornographique… À l’époque, pas le moindre touriste n’envisageait de flâner aux abords de Times Square ! Les heures sombres seront heureusement de courte durée grâce à un plan municipal particulièrement musclé d’assainissement et de revitalisation du quartier.

Aujourd’hui, Broadway a retrouvé toute sa vitalité et son faste. « L’industrie du spectacle y est plus que jamais florissante avec 13,8 millions de billets vendus pour la saison 2017-2018, souligne Patrick Niedo. Broadway est devenue le principal poumon économique de la ville, après Wall Street ! » Mais un poumon économique qui a le sens de la fête, de l’élégance et de la joie de vivre !

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