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Passions

Le Cadre noir : L’école de l’excellence

Le Cadre noir de Saumur est l’une des plus prestigieuses écoles d’équitation de tradition française au monde. Un enseignement élevé depuis deux siècles au rang d’art, qui a été le premier au monde, en 2011, à intégrer la liste honorifique du patrimoine immatériel de l’humanité de l’Unesco.

C’est de la tenue traditionnelle sobre des écuyers, veste noire et galons dorés, que vient le nom du célèbre Cadre noir. Pour autant, c’est bien le cheval qui y est mis en valeur, la main de l’homme étant la plus légère et discrète possible.

Inspirée par « une imitation de la nature », l’équitation académique française est en effet la recherche permanente d’une complicité harmonieuse entre l’homme et le cheval, afin que ce dernier retrouve dans ses attitudes et ses mouvements la grâce naturelle d’une vie en liberté.

Créé en 1825 sous l’impulsion de Louis XVIII, le Cadre noir est à l’origine une école de cavalerie uniquement militaire. Les meilleurs écuyers de l’Ancien Régime sont alors appelés afin d’assurer à l’équitation de tradition française, dont les troupes ont été décimées par les guerres napoléoniennes, la transmission de son savoir d’exception.

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Un dressage sans effet de force

Depuis 1972, le Cadre noir est devenu une école civile, mais les cavaliers d’élite comptent toujours dans leurs rangs des militaires.

Le colonel Patrick Teisserenc, 37e écuyer en chef de l’école, explique : « Fidèle à la coutume, le ministère de la Défense nationale détache aujourd’hui sept militaires issus des sports équestres militaires ou de la Garde républicaine afin de leur faire intégrer le corps des quarante-trois écuyers de Saumur. Ils y restent le temps de leur affectation et sont ensuite remplacés par d’autres ».

Les autres écuyers sont quant à eux des civils, recrutés à l’issue d’un concours très sélectif ; ils peuvent faire toute leur carrière au Cadre noir.

Déjà instructeurs de l’École nationale d’équitation au moment de leur entrée, ils deviennent écuyers après trois années de formation. C’est alors, seulement, qu’ils peuvent enseigner l’équitation classique, dresser les chevaux et les monter lors de spectacles.

Les chevaux du Cadre noir viennent de divers horizons, et l’on y trouve aussi bien des selles français que des anglo-arabes ou des pur-sang. Il leur faut entre cinq et huit ans d’entraînement quotidien avant d’acquérir la parfaite maîtrise des mouvements aériens, élégants et sobres, qui leur est demandée. Leur dressage, sans étrier ni utilisation d’effet de force, se pratique à l’identique depuis 1825.

Le colonel Teisserenc, à la tête de cet enseignement d’excellence depuis 2014, évoque l’éthique et la doctrine qui guident le Cadre noir : « La recherche d’une relation parfaite entre le cavalier et son cheval est le style haute-couture de Saumur.

Les spectaculaires airs relevés – figures au cours desquelles le cheval quitte le sol, comme la courbette, la croupade ou la cabriole –, pratiqués en concours ou lors des galas, demandent une formidable complicité de l’homme et de l’animal, dans un souci particulier d’élégance ».

Aujourd’hui, les écuyers du Cadre noir se distinguent également dans les plus grandes épreuves internationales de sauts, cross, courses ou raids équestres. Preuve que tradition et modernité peuvent faire un merveilleux ménage.

 

 

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« Exigence, discipline, rigueur… »

 

Le lieutenant-colonel Thibaut Vallette, écuyer au Cadre noir, a été médaillé d’or en concours complet par équipe aux Jeux olympiques de Rio de Janeiro, en 2016. Rencontre.

Pouvez-vous nous raconter en quelques mots votre parcours ?

J’ai été formé à l’école spéciale militaire de Saint-Cyr, après quoi j’ai choisi la cavalerie, à Gap. Passionné par les chevaux, j’ai quitté ce régiment trois ans plus tard, pour passer mon monitorat d’équitation et devenir instructeur.

Affecté à Saumur en 2009, j’ai jeté mon dévolu sur le Cadre noir, afin de bénéficier d’une formation d’excellence et de m’améliorer au niveau technique.

 

Vous êtes militaire et cavalier, ce qui n’est pas le cas de tous les écuyers du Cadre noir. Cela change-t-il quelque chose ?

La formation, le dressage et la présentation des chevaux sont identiques pour tous. Exigence, discipline et rigueur sont ainsi des valeurs partagées, quelle que soit l’origine des écuyers. Mais notre histoire est militaire avant tout. On peut la moderniser, la faire évoluer, il ne faut néanmoins pas la dénaturer.

Notre système hiérarchique, inchangé depuis 1825, en témoigne : nous sommes sous les ordres de l’écuyer en chef, qui est un colonel de l’armée de Terre. Le Cadre noir n’est en aucun cas une école de cirque ni un show à l’américaine ; notre style est profondément sobre et élégant.

 

Vous êtes sportif de haut niveau, médaillé d’or aux JO, issu du Cadre noir. Quelles sont, selon vous, la spécificité et la force de l’école française ?

Issus de l’école d’équitation de tradition française, la majorité des écuyers du Cadre noir ont une expérience unique, transmise de génération en génération. La possibilité de progresser sur le plan technique et humain y est exceptionnelle. Les personnes choisissent cette école pour l’excellence de sa formation, qui mène à l’excellence des performances. C’est ce qui fait la force de Saumur. L’autre particularité, c’est la vie en communauté de tous les écuyers et leur travail d’équipe.

Nous sommes ainsi la seule école au monde à présenter des sauteurs montés avec huit, dix, douze, parfois treize cavaliers ! Ces figures de saut extrêmement techniques nécessitent une synchronisation parfaite et imposent un intense travail collectif. On s’entraîne ensemble au manège, on répète, on s’entraide, on présente les galas…

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L’École espagnole d’équitation de Vienne

 

Désormais elle aussi inscrite à la liste du patrimoine immatériel de l’humanité par l’Unesco (2015), l’École espagnole d’équitation de Vienne, en Autriche, est la plus ancienne institution équestre au monde. Formée à la fin du XVIIIe siècle par des écuyers des écuries de Versailles, l’école s’est inspirée du style de l’équitation de tradition française et excelle également dans l’art du dressage.

Ses chevaux sont tous des lipizzans blancs, race issue de l’andalou, un cheval de selle de souche ancienne, originaire d’Andalousie – d’où le nom École espagnole. Reconnue comme la race de chevaux de dressage la plus ancienne d’Europe, les lipizzans sont formés dès l’âge de quatre ans et ce, durant six ans, avant d’obtenir le titre de « Professor ».

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