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Passions

Le jardin repousse les frontières

Le jardin s’émancipe de son carcan architectural et opère une mue salvatrice qui laisse entrevoir une créativité débridée et une générosité insoupçonnée.

Tombé en désuétude le jardin à la française, fâcheusement démodé le jardin à l’italienne et jeté auxoubliettes le jardin de curé : le jardin d’antan et ses classifications stéréotypées ont fait long feu. Longtemps cantonné dans des conventions rigides et éloigné des modes, le jardin s’ouvre enfin à une créativité débridée. Fini les frontières que d’aucuns jugeront artificielles, au point que la tendance, pourtant récente, de l’ultra-design laisse la place à un style empreint de générosité.

Le beau et le bon

Flamboyant, bariolé, opulent mais aussi durable, le jardin d’aujourd’hui s’enrichit d’une diversité jusque-là inconnue. L’heure est aux mélanges de formes et d’espèces végétales, aux massifs florifères. Pour s’éviter les contingences du jardinage et limiter l’entretien forcément fastidieux et dévoreur de temps, le choix d’arbustes persistants et de plantes vivaces qui perdurent est privilégié par les paysagistes, à la demande des clients. Un temps ringardisé, le potager opère un retour en grâce inespéré avec le souci d’une alimentation plus saine et des préoccupations écologiques.

Et loin de se restreindre à une stricte logique nourricière, le potager n’hésite pas à s’inscrire dans une démarche esthétisante. Même si le défi semble de taille pour convaincre les plus réticents, un chou, un fraisier, c’est beau ! La réelle modernité consiste à mêler, en un même espace, buis, rosiers, graminées, agrumes mais aussi à faire la part belle au mariage des matériaux. Pierre, bois, métal (on songe au Corten) participent à cette nouvelle harmonie. Le mélange des genres, tout en générosité, fait fi des préjugés.

Au cœur des tendances

Le jardin s’inscrit à part entière dans nos vies. Pour preuve, le concept de cinquième pièce de la maison s’est imprimé dans les esprits. Souvent délaissé, parfois déserté, de temps en temps honni, le jardin s’apparente désormais à un lieu de vie et pas seulement dans les régions méridionales. Source de bien-être, il nous procure un refuge réconfortant et un ressourcement bienvenu face à nos modes de vie un brin tourmentés. Signe des temps, poursuivant l’offre encore naissante du « gamping » (le camping au jardin), on voit poindre des sites collaboratifs et commerciaux qui proposent pour une heure ou une journée de prêter ou de louer un jardin entre particuliers. Certes encore méconnu, le phénomène atteste que le jardin s’implique pleinement dans les nouvelles tendances. Loin de se cantonner aux campagnes et aux seuls jardins privés, le mouvement se propage aux centres urbains sous une forme embryonnaire quand il s’agit de jardins partagés, lointaine déclinaison des jardins ouvriers disséminés en banlieue des grandes villes au siècle dernier.

Plus communément répandus, désormais, les murs des centres commerciaux ou des rues, trop souvent tout de gris et de salissures vêtus, se parent d’un manteau verdoyant. Dans une démarche aussi esthétique que pragmatique, les toits se végétalisent, récupèrent l’eau de pluie et contribuent à rendre la ville un peu moins irrespirable. Concourant – même modestement – à la biodiversité, il n’est plus si rare d’y voir pointer des colonies de ruches, lesquelles, contre toute attente, produisent, avec des rendements supérieurs, un miel succulent et plein de senteurs. Encore une facette de cette « green générosité » !

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